La Voiture du paysage — Vies de Gustave Courbet

Moi je connais mon pays et je le peins. Allez-y voir, vous reconnaîtrez mes tableaux. (Gustave Courbet)
La voiture du paysage : c’est ainsi que Courbet désignait la carriole entraînée par l’âne Gérôme – du nom de son rival bonapartiste de Vesoul – à travers les paysages de son Jura natal. Munis d’une voiture tant soit peu plus puissante, l’écrivain François Laut et le photographe Lin Delpierre ont parcouru les plateaux et vallées de ce qui fut à la fois le terrain de son enfance, son « atelier ouvert » et, étendu à la Suisse, sa terre d’exil.
Aux cinq séries de huit photographies, regard contemporain sur le territoire pictural d’un peintre du XIXe siècle, répondent autant de textes qui élargissent le champ en puisant d’abondance aux écrits et aux peintures de Courbet. Le Jura y agit comme révélateur des nombreuses vies du peintre, des plus éclatantes aux moins connues.

Date de publication : 22 octobre 2020
Format : 21 x 25 cm
Nombre de pages : 140
ISBN : 978-2-85035-012-2
Prix : 25 €

PRÉSENTATION :
La voiture du paysage : c’est ainsi que Gustave Courbet désignait la carriole entraînée par l’âne Gérôme – du nom de son rival bonapartiste de Vesoul – à travers les paysages de son Doubs natal.
Munis d’une voiture tant soit peu plus puissante, l’écrivain François Laut et le photographe Lin Delpierre ont parcouru les plateaux et vallées de ce qui fut à la fois le pays de son enfance, son motif privilégié et, étendu à la Suisse, sa terre d’exil. Du pays des grottes aux chaînes alpines, du Puits-Noir, près d’Ornan, aux sommets vus du lac Léman, en passant par les plus hautes et les plus basses heures de l’histoire de Paris, c’est un parcours de fond en comble qui permettra au lecteur, dans le prolongement du bicentenaire de la naissance de l’artiste, de découvrir d’un autre œil certains des sites célèbres de ses peintures, et de reconstituer, parmi toutes les vies de Courbet, celles qui sont peut-être les plus méconnues.
Car aux cinq séries de huit photographies, regard d’un photographe contemporain sur le territoire pictural d’un peintre du XIXe siècle, répondent autant de textes qui, s’appuyant sur les images, ouvrent encore le champ en citant d’abondance les peintures et les écrits de Courbet. La moins savoureuse de ces citations n’est pas celle-ci : « On est obligé de rencontrer dans la vie des photographes partout et on finira par en trouver dans le beurre et sur la soupe, il faut se résigner. » On pourra goûter l’humour dont témoignent les auteurs en la plaçant en tête d’ouvrage ; mais alors on devra apprécier de même la conséquence qu’ils en tirent dans leur dialogue entre écrit et photographie. Comme ils l’expliquent : si les images de Lin Delpierre racontent une histoire à leur manière, les textes de François Laut, eux, font naître d’autres images encore.
Au carrefour de la vie parisienne et de l’exil suisse, le Jura, point de départ et d’éternel retour, agit ainsi comme un révélateur des thématiques et des pratiques de Courbet, de son rapport à la nature, de ses relations avec son entourage et son époque, avec ses amis de cœur et ses mécènes, hommes et femmes. Véritable fonds de l’artiste, il lui fournit le sujet de beaucoup de ses tableaux et peut-être la matrice de ses conceptions réalistes : « Pourquoi imaginer un paysage quand on a la nature de son pays devant soi ? J’m’en fous où je me mets, c’est toujours bon si j’ai la nature sous les yeux ! » C’est un des mérites de ce livre que de nous l’apprendre, ou de nous le rappeler.

Les auteurs

Passé par les prestigieuses résidences de la Villa Medicis à Rome et de la Villa Kujoyama à Kyoto, Lin Delpierre, né en 1962, court les continents et leurs mégapoles. Nourri de littérature (un premier livre sur Pavese), poète ouvert sur les arts (un de ses textes inspirera un compositeur de l’Ircam), il invente son écriture photographique de la passante, sérielle, où la forme des corps féminins et le décor urbain tressent des correspondances délicates et insolites. De Berlin à Bamako, de Bombay à Buenos-Aires, entre autres, arpentant inlassablement un quartier choisi avec soin, à distance de bras et dans la mobilité d’un Leica, ce sont des « effractions intimes » qu’il opère, souvent déclinées en tryptiques associant aux personnes des lieux sans figures. On retrouve la série et l’énergie physique dans son travail sur Courbet effectué dans le temps long de la chambre grand format, au travers de paysages qui ne se livrent pas aisément, mais où Delpierre cherche ici comme ailleurs, la douceur autant que l’âpreté, loin de toute identification trop romantique ou réaliste.
Son site Internet.

François Laut, né en 1953, publie depuis une vingtaine d’années des fictions, certaines autobiographiques, dont le cœur est la relation à ce beau nom de l’Ailleurs et le renouvellement continu de la lecture du monde qu’il suscite, dans les régions lointaines où il a vécu et enseigné (Mexique, Japon, Corée) comme dans les régions proches et familières (Paris, la Haute-Savoie de son enfance), l’étrangeté pouvant surgir dès les premiers pas, cela dépend du regard. Comme Nicolas Bouvier, dont il a raconté la vie, il voyage pour écrire. D’une galerie de Montevideo à un livre sur Seoul (Seoul compact, La Maison chauffante, 2011), les regards qu’il a portés avec son complice photographe Lin Delpierre, sur la représentation des métropoles, se posent aujourd’hui dans le Jura, sur la réinterprétation des paysages et les parcours d’un artiste aimé pour sa puissance et son engagement.
François Laut a publié : Aï (l’amour), Le Serpent à plumes 1994 ; Temps variable, Le Serpent à plumes 1995 ; Révolutions, Le Serpent à plumes 1998 ; Pari capital, Le Laquet 2000 ; Tête plongeante, Le Serpent à plumes 2002 ; Tohu-bahut, Le Rocher 2006 ; Nicolas Bouvier, l’œil qui écrit, Payot 2008 ; Il Faudra repartir (voyages inédits de Nicolas Bouvier présentés par l’auteur), Payot 2012 ; Monsieur Tout-Blanc, Atelier des Cahiers, 2011.

Extraits

PDF - 3.5 Mo
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Monographies

Joignant au commentaire savant une approche littéraire, la collection « Monographies » recueille le point de vue de passionnés – écrivains ou spécialistes, individus ou collectifs – sur des œuvres singulières, méconnues, et attachées, pour certaines d’entre elles, à l’histoire et au territoire alsaciens.

Linking to the scholarly commentary a literary approach, the collection « Monograph » gathers the point of view of art passionate – writers or specialists, individuals or collectives – on unusual, unknown works, which are linked, for some of them, to the history and territory of Alsace.