La Voiture du paysage — Vies de Gustave Courbet

Moi je connais mon pays et je le peins. Allez-y voir, vous reconnaîtrez mes tableaux. (Gustave Courbet)
La voiture du paysage : c’est ainsi que Courbet désignait la carriole entraînée par l’âne Gérôme – du nom de son rival bonapartiste de Vesoul – à travers les paysages de son Jura natal. Munis d’une voiture tant soit peu plus puissante, l’écrivain François Laut et le photographe Lin Delpierre ont parcouru les plateaux et vallées de ce qui fut à la fois le terrain de son enfance, son « atelier ouvert » et, étendu à la Suisse, sa terre d’exil.
Aux cinq séries de huit photographies, regard contemporain sur le territoire pictural d’un peintre du XIXe siècle, répondent autant de textes qui élargissent le champ en puisant d’abondance aux écrits et aux peintures de Courbet. Le Jura y agit comme révélateur des nombreuses vies du peintre, des plus éclatantes aux moins connues.

Date de publication : 17 avril 2020
Format : 21 x 25 cm
Nombre de pages : 140
ISBN : 978-2-85035-012-2
Prix : 25 €

PRÉSENTATION :
La voiture du paysage : c’est ainsi que Gustave Courbet désignait la carriole entraînée par l’âne Gérôme – du nom de son rival bonapartiste de Vesoul – à travers les paysages de son Doubs natal.
Munis d’une voiture tant soit peu plus puissante, l’écrivain François Laut et le photographe Lin Delpierre ont parcouru les plateaux et vallées de ce qui fut à la fois le pays de son enfance, son motif privilégié et, étendu à la Suisse, sa terre d’exil. Du pays des grottes aux chaînes alpines, du Puits-Noir, près d’Ornan, aux sommets vus du lac Léman, en passant par les plus hautes et les plus basses heures de l’histoire de Paris, c’est un parcours de fond en comble qui permettra au lecteur, dans le prolongement du bicentenaire de la naissance de l’artiste, de découvrir d’un autre œil certains des sites célèbres de ses peintures, et de reconstituer, parmi toutes les vies de Courbet, celles qui sont peut-être les plus méconnues.
Car aux cinq séries de huit photographies, regard d’un photographe contemporain sur le territoire pictural d’un peintre du XIXe siècle, répondent autant de textes qui, s’appuyant sur les images, ouvrent encore le champ en citant d’abondance les peintures et les écrits de Courbet. La moins savoureuse de ces citations n’est pas celle-ci : « On est obligé de rencontrer dans la vie des photographes partout et on finira par en trouver dans le beurre et sur la soupe, il faut se résigner. » On pourra goûter l’humour dont témoignent les auteurs en la plaçant en tête d’ouvrage ; mais alors on devra apprécier de même la conséquence qu’ils en tirent dans leur dialogue entre écrit et photographie. Comme ils l’expliquent : si les images de Lin Delpierre racontent une histoire à leur manière, les textes de François Laut, eux, font naître d’autres images encore.
Au carrefour de la vie parisienne et de l’exil suisse, le Jura, point de départ et d’éternel retour, agit ainsi comme un révélateur des thématiques et des pratiques de Courbet, de son rapport à la nature, de ses relations avec son entourage et son époque, avec ses amis de cœur et ses mécènes, hommes et femmes. Véritable fonds de l’artiste, il lui fournit le sujet de beaucoup de ses tableaux et peut-être la matrice de ses conceptions réalistes : « Pourquoi imaginer un paysage quand on a la nature de son pays devant soi ? J’m’en fous où je me mets, c’est toujours bon si j’ai la nature sous les yeux ! » C’est un des mérites de ce livre que de nous l’apprendre, ou de nous le rappeler.

Les auteurs

Né en 1962, Lin Delpierre (qui vit à Besançon, non loin du pays de Courbet) est un photographe voyageur, auteur de portraits et de prises de vue urbaines, et notamment de séries de Passantes réalisées à travers les métropoles de plusieurs continents.
Son site Internet.

Né en 1953, François Laut est agrégé d’histoire et a enseigné en France et à l’étranger, notamment au Japon, de 1989 à 1998, où il s’est lié d’amitié avec Nicolas Bouvier et lui-même lancé dans l’écriture (Aï (l’amour), Serpent à Plumes, 1994). Il vit aujourd’hui à Bordeaux. Après plusieurs romans, il a fait paraître une biographie (Nicolas Bouvier, l’œil qui écrit, Payot, 2007), puis un recueil de textes inédits de son ami et compatriote (Il faudra repartir, Payot, 2015).

Monographies

Joignant au commentaire savant une approche littéraire, la collection « Monographies » recueille le point de vue de passionnés – écrivains ou spécialistes, individus ou collectifs – sur des œuvres singulières, méconnues, et attachées, pour certaines d’entre elles, à l’histoire et au territoire alsaciens.

Linking to the scholarly commentary a literary approach, the collection « Monograph » gathers the point of view of art passionate – writers or specialists, individuals or collectives – on unusual, unknown works, which are linked, for some of them, to the history and territory of Alsace.