Au fil des jours — Agendas 1927-1943

Les agendas de Bonnard permettent d’entrer dans l’intimité de l’artiste et de saisir, jour après jour, sa perpétuelle quête plastique. Paul Signac nota : « Dans le petit carnet dont il ne se sépare jamais, ou mieux, toujours dans sa mémoire, il jette pêle-mêle tout ce qui se présente à lui. Il pense, aime et exprime tout ce qu’il voit : la tarte du dessert, l’œil du chien, un rayon de soleil à travers la fenêtre aveugle, l’éponge du bain. Ainsi, totalement par instinct, sans même tenter de donner une apparence de réalité à ces objets souvent illisibles, il exprime son amour de la vie dans des tableaux magnifiques, toujours nouveaux de composition. »
Cet ouvrage (co-édité avec la BNF et le Musée Bonnard du Cannet) présente pour la première fois une étude approfondie des carnets de l’artiste, reproduisant plus de 200 dessins pour la plupart inédits.

Date de publication : 8 mars 2019
Format : 21 x 25 cm
Poids : 1200 gr.
Nombre de pages : 240
ISBN : 979-10-92444-78-0
Prix : 30 €

Bonnard utilisait ses agendas comme carnets de notes et de croquis. Si quelques agendas antérieurs à 1927 ont été perdus ou sont encore en mains privées, ceux conservés au département des estampes et de la photographie de la Bibliothèque nationale de France, ont le mérite de présenter un ensemble homogène de dessins croqués sur le vif et d’annotations faites par l’artiste au fil des jours entre 1927 et 1943. Bonnard utilisait des agendas de petites dimensions, « Bijou » ou « Mignon », qu’il pouvait garder sur lui en permanence et dans lesquels il écrit et dessine presque quotidiennement.
L’artiste y consignait des éléments qui peuvent sembler prosaïques comme la liste des courses, ses rendez- vous. Il notait également quotidiennement le temps qu’il faisait, élément important pour un peintre attentif aux effets de la lumière et le lieu où il se trouvait, lorsqu’il était en déplacement.
On trouve également quelques notations artistiques à proprement parler. Ces notations témoignent de la recherche perpétuelle de l’artiste de moyens plastiques aptes à traduire l’émotion. « Il ne s’agit pas de peindre la vie. Il s’agit de rendre vivante la peinture. » Ces remarques sont bien plus des intuitions nées de son expérience de peintre que l’énoncé de théories artistiques.
Ces agendas renferment surtout de multiples croquis qui permettent d’appréhender sa recherche constante autour des motifs auxquels il s’attache dans ces années. Il notait tout un répertoire de formes qu’il exploitait ou non ensuite dans ses peintures : nus, portraits, parfois paysages. Les motifs empruntés à son quotidien sont très présents : portraits de ses proches, animaux domestiques, lieux familiers. Il lui arrivait de tourner autour d’un sujet, jouant sur le cadrage, la composition, sans souci de la couleur. Ses recherches autour des nus à la toilette sont particulièrement révélatrices de cette approche. On assiste ainsi à la genèse des nus dans le bain. On trouve également plusieurs portraits, thème récurrent de son œuvre notamment à la fin de sa vie. Les paysages, croqués souvent au cours de vacances, sont également nombreux et s’avèrent plus présents que dans ses peintures.
Ces dessins permettent à l’artiste de délimiter ses sujets, d’en déterminer les contours et les volumes sans recourir à la couleur. Certains se limitent à quelques lignes traduisant une vision fugace. Les motifs émergent le plus souvent d’une profusion de traits hachurés qui permettent de suggérer l’ombre et le volume, et semblent évoquer les couleurs.
Ces carnets permettent de rentrer dans l’intimité de l’artiste et de saisir au quotidien sa perpétuelle quête plastique.

Les auteurs

Homme des XIXe et XXe siècles, la personnalité de Pierre Bonnard (1867-1947) s’est façonnée entre la fin de l’impressionnisme, le mouvement nabi dont il est l’un des principaux artisans, pour ensuite s’affranchir de tout courant artistique et de toute convention développant une image très personnelle. Prédomine alors son regard sensible sur le monde dans lequel une nature enchantée, vibrante et lumineuse s’oppose à la réalité. Sous une apparence de tranquille simplicité, l’œuvre de Bonnard se révèle complexe, pleine de nuances et comme détachée du temps.

[Pierre Bonnard, Autoportrait, 1924, encre et crayon sur papier, 11 x 6 cm.]

Monographies

Joignant au commentaire savant une approche littéraire, la collection « Monographies » recueille le point de vue de passionnés – écrivains ou spécialistes, individus ou collectifs – sur des œuvres singulières, méconnues, et attachées, pour certaines d’entre elles, à l’histoire et au territoire alsaciens.

Linking to the scholarly commentary a literary approach, the collection « Monograph » gathers the point of view of art passionate – writers or specialists, individuals or collectives – on unusual, unknown works, which are linked, for some of them, to the history and territory of Alsace.