Les Pierres filantes

À l’appel d’une voix chère, une femme se réveille dans une chambre d’hôpital. Elle se met en chemin. Dehors, le monde sort d’un cataclysme ; la vie reprend ses droits, parcimonieuse, précaire. Guidée par son intuition et le désir de retrouver une présence qu’elle n’a peut-être que rêvée, cette femme amnésique gagne la campagne, fait de brèves rencontres, s’endort dans une forêt. Son voyage, de station en station, prend une allure initiatique.
Le mystère qui traverse le premier roman de Livane Pinet n’est pas de ceux qui se résolvent au bout d’un récit à suspense ou qui s’éclairent d’une lecture par clefs. Ce mystère, poétique, est celui d’un face-à-face avec une présence qu’on ne sait déchiffrer et dans laquelle on devine cependant comme une traduction de l’essence même des choses. L’innocence de son héroïne ouverte à tous les signes, livrée à toutes les atteintes d’un monde au bord de la catastrophe, et s’avançant pourtant sans crainte à sa rencontre, ressemble à une page blanche sur laquelle s’inscrit la difficile leçon d’un univers dont se révèle surtout l’opacité.

Date de publication : 7 mai 2020
Format : 14 x 22 cm
Poids : 390 gr.
Nombre de pages : 144
ISBN : 978-2-85035-005-4
Prix : 20 €

PRÉSENTATION :
À l’appel d’une voix chère, une femme émerge du sommeil dans une chambre d’hôpital. Elle se met en chemin. Dehors, le monde se remet d’un cataclysme de nature incertaine ; la vie reprend ses droits, parcimonieuse, précaire, comme dans la crainte d’une réplique. Guidée par la même présence familière, mue par une confiance instinctive en la nature, cette femme amnésique gagne la campagne, fait au passage de brèves rencontres, s’endort dans une forêt. Retrouvée par celui qui lui ouvrait la voie, Ossia, figure de l’amant éternel, elle renoue avec une identité dont l’ambiguïté totémique – elle se prénomme tout à la fois Solène et Séléné – ne se dissipera pas tout au long d’un voyage qui, de station en station, de rencontre en rencontre, prend des allures de quête initiatique.
Le mystère qui baigne le premier récit de Livane Pinet n’est pas de ceux qui se résolvent au bout d’un récit à suspense ou qui s’éclairent d’une lecture par clefs, fût-elle allégorique. Chez un auteur dont le premier recueil de poèmes entendait s’inscrire dans la filiation d’Yves Bonnefoy et de Philippe Jaccottet, il est évidemment de nature poétique : c’est le mystère de la confrontation avec une présence qu’on ne sait pas déchiffrer et dans laquelle on devine pourtant une traduction de l’essence même des choses. Vue sous cet angle, l’innocence de Solène/Séléné, héroïne ouverte à tous les signes, livrée à toutes les atteintes d’un monde placée au bord de la catastrophe, et s’avançant pourtant sans crainte aucune à sa rencontre, évoque une page blanche sur laquelle s’inscrirait, sous les yeux du lecteur, la leçon difficile dictée par un univers qui fait surtout entendre son opacité.
Faut-il parler de récit poétique, dans la lignée des Disciples à Saïs de Novalis ou des Falaises de marbre d’Ernst Jünger ? De récit d’initiation ? De roman fantastique ? De conte ? Il semble que Livane Pinet emprunte à toutes ces traditions, tant son récit enchaîne avec la légèreté du rêve, dans un univers achronique, les visions merveilleuses, les rencontres édifiantes, les épisodes de crise et de danger et les méditations sur l’art, la musique, l’amour et la nature. La figure solitaire de cet écrivain demeurant au cœur d’une forêt, tournant le dos au monde pour le comprendre dans l’acte d’écrire ; les discours alternés de Solène et de son amant Ossia sur la nature mystique de l’amour et de la musique ; le chant hyperlucide de ce carrier foudroyé lors du cataclysme ; les sagesses d’Esther, herboriste au jardin harmonieux ; les méditations d’Arnunzio, sculpteur qui taille la pierre pour faire remonter à sa surface son « fondement » mystérieux ; ces enfants qui déblaient les ruines d’une cité dont leurs parents ont disparu – autant de personnages et de discours qui désignent, comme au passage, une même source secrète.

Les auteurs

Livane Pinet est l’auteur de recueils de poèmes (Qu’avez-vous oublié ?, 2006, La Part d’ombre, 2009, À personne d’autre, 2015) et d’un essai (Yves Bonnefoy ou l’expérience de l’Étranger, 1998). Elle est également traductrice, ayant signé avec Jean-Yves Masson la version française des Lettres sur la poésie : correspondance avec Dorothy Wellesley de W. B. Yeats (2018).

Presse

Articles de Jean-Paul Gavard-Perret (Lelittéraire.com ; Le salon littéraire).

Littérature

Indifférente aux démarcations de genres, la collection « Littérature » entend représenter une approche curieuse de la création littéraire contemporaine. Poésie, récits singuliers : sans autres guides que la surprise et l’émotion, elle s’ouvre à des formes inédites, entêtantes, qu’elle enrichit en les accompagnant d’œuvres originales.

Indifferent to the dividing lines between genres, the collection « Literature » aims to represent a curious approach of the contemporary literary creation. Poesy, singular stories : with no other guides than surprise and emotion, it opens up to new and enhanced forms, paired with original works of art.