Tout est paysage

« Tout est paysage, affirmait Dubuffet, en ce sens que tout est composition, tout est quête d’une unité perdue, tout est signes assemblés, tout est matière à être embrassé du regard, à interroger le vivant au-delà de soi-même. Que vaudrait sans ça le monde si on le laissait entre les seules mains de la dévastation, si l’essence poétique qui nous y attache envers et contre tout ne l’ouvrait pas à des entendements insoupçonnés qui nous font voir dans la noirceur d’autres nuances que pure noirceur ? »
Champs de bataille labourés par les obus pendant la première guerre mondiale ; régions soufflées et rayées de la carte par la bombe atomique ; villes sinistrées hier par les catastrophes nucléaires et, aujourd’hui, par les changements climatiques… Notre regard a engrangé assez d’images de destruction pour que s’impose à l’art l’angoisse de l’après-paysage.
Recueil de textes épars unis dès le départ par cette question unique, Tout est paysage examine l’une après l’autre, partant des Nymphéas de Monet, les œuvres de Twombly, Klee, Tàpies, Mušič, Mondrian et Morandi, comme autant de réponses possibles : de quelle façon la peinture de paysage et la trop bien-nommée nature-morte se sont-elles réinventées au fil du XXe siècle, face au spectacle inouï de la destruction de leur motif ?

Date de publication : 5 janvier 2021
Format : 16 x 20 cm
Nombre de pages : 112
ISBN : 978-2-85035-013-9
Prix : 20 €

PRÉSENTATION :
Recueil de textes épars unis dès le départ par une même question et réunis ici dans une version remaniée, Tout est paysage examine l’une après l’autre les œuvres de Monet, Twombly, Klee, Tàpies, Mušič, Mondrian et Morandi, comme autant de réponses possibles : comment, à quel prix, et avec quel profit la peinture de paysage s’est-elle réinventée au fil du XXe siècle, face au spectacle inouï de la destruction de son motif ?
Champs de bataille labourés par les obus pendant la première guerre mondiale ; régions soufflées et rayées de la carte par la bombe atomique ; villes sinistrées hier par les catastrophes nucléaires et demain, aujourd’hui, par les changements climatiques… De fait, nous avons engrangé assez d’images de destruction pour que s’impose à l’art l’angoisse de l’après-paysage : « Le bucolique avait laissé la place à un autre sentiment pour lequel il manquait un adjectif : il y avait dans ce que l’on voyait cette autre chose que l’on savait – qui menaçait sa pérennité (sa joie). »
Ce n’est donc pas par hasard que la déambulation ou plutôt l’enfoncement de l’auteur dans ces paysages nouveaux débute au Musée de l’Orangerie, face aux Nymphéas de Monet. Car dans cette œuvre apparemment paisible, entamée pendant la première guerre mondiale et dont il fit don à la France au lendemain de l’armistice, l’artiste a poussé la peinture d’observation à la frontière de l’abstraction, effleurant ainsi l’au-delà du paysage, et ouvrant un champ qu’arpenteraient d’autres peintres majeurs du siècle.
Partant du mot de Dubuffet – « Tout est paysage […], en ce sens que tout est composition, tout est quête d’une unité perdue, tout est signes assemblés, tout est matière à être embrassé du regard, à interroger le vivant au-delà de soi-même » – Stéphane Lambert, avec cette approche poétique et personnelle de l’art qui fait sa singularité, tire un fil au travers du chaos d’un siècle, et montre comment la création trouve le moyen de composer avec ses propres décombres et de déborder ses propres limites pour « retenir dans le champ du vivant ce qui est voué à disparaître ».

Les auteurs

Né en 1974 à Bruxelles, Stéphane Lambert est romancier, poète, essayiste. Il a obtenu le Prix Roland de Jouvenel 2017 pour son livre Avant Godot, consacré aux liens entre les œuvres de Beckett et celle de C.D. Friedrich, et vient d’obtenir le prix André Malraux 2019 pour Visions de Goya. L’éclat dans le désastre (Arléa). Sur l’art, il a aussi fait paraître des ouvrages à propos de Mark Rothko (Rêver de ne pas être) ou Nicolas de Staël (Le vertige et la foi) (tous deux chez Arléa poche).
Son site Internet.

Essais sur l’art

Parce qu’ils s’entendent à restituer dans le corps de la langue une expérience intime des œuvres, les écrivains, eux-mêmes créateurs, sont peut-être les plus à même de tenir un propos sur l’art. Suivant cette voie tangente à la critique académique, la collection « Essais sur l’art » recueille le point de vue d’auteurs qui se sentent partie liée à d’autres formes de langage.
« Un discours sur l’œuvre de peinture qui ne serait autre que le discours de l’œuvre de peinture est-il possible ? » (Louis Marin) — voilà qui pourrait être un des enjeux de cette collection.

As they want to render an intimate experience of the works of art into the language itself, writers – who are also creators – may be the most likely to talk about art. Following this path similar to academic critics, the collection “Essays on art” gathers points of view of authors who feel linked to other forms of language.
“Is a speech about painting – which would be no other than the speech of painting – possible ?” (Louis Marin) : this could be one of this collection’s issues.

Autres livres de cette collection